Après les puces, les tiques se classent au deuxième rang parmi les parasites externes les plus courants chez les animaux domestiques.
Mais où vis-donc la tique ?
On va la trouver principalement dans les forêts de feuillus et mixtes, mais aussi dans les zones herbeuses en lisière de forêt, dans les clairières, au bord des chemins où les herbes sont hautes ainsi que dans les haies et les prairies.
Elle va préférer un environnement chaud avec un taux d’humidité de 85 %, voire plus.
Cependant, elle peut se faire rare dans les jardins et les parcs bien entretenus surtout s’ils ne sont pas à proximité d’une forêt. Elle est également rare dans les forêts de conifères.
Elle va pouvoir grimper à 1 mètre 50 du sol et il n’est pas rare de la retrouver jusqu’à une altitude de 1500 à 2000 mètres.
Particulièrement active au printemps (avril-mai) et en automne (septembre-octobre), il peut y en avoir tout au long de l’année selon les régions. En dessous de 5 °C, elle va se réfugier dans des lieux chauds, tels que des nids de souris, en attendant des conditions plus favorables.
Dans nos maisons, elle peut survivre environ 10 jours et jusqu’à trois semaines dans l’eau. En revanche, à une température de -12 °C, sa durée de vie se limite à 24 heures.
Une adaptation à toute épreuve.
Elle existerait depuis plus de 140 millions d’années, d’après des fossiles retrouvés dans plusieurs régions du monde. Il semblerait que les premières tiques soient d’origine sud-africaine.
Les nouvelles espèces se déplacent notamment grâce aux oiseaux migrateurs, mais aussi par le biais des transports internationaux.
Elle a la faculté de s’adapter très rapidement à son milieu. Par exemple, dans les zones où le gibier et le bétail sont très présents, le nombre de tiques y est particulièrement élevé.
Elle est capable de s’attaquer à presque tous les vertébrés terrestres, y compris ceux munis d’écailles, comme les reptiles.
Le nombre d’œufs pondus témoigne également de sa capacité d’adaptation pour assurer la continuité de son espèce. Cependant, peu d’œufs atteindront l’âge adulte, car des prédateurs tels que les oiseaux, les reptiles et d’autres animaux insectivores les consomment directement au sol (une poule peut en manger jusqu’à 200 par heure dans une zone riche en ressources).
Une aubaine pour nous.
Qui est-elle ?
Il existe environ 850 espèces de tiques dans le monde, mais la plus répandue dans nos régions est la tique du mouton (Ixodes Ricinus), qui peut vivre jusqu’à 37 mois.
1. Base du capitulum 2. Palpes renfermant l’hypostome
3. Bouclier 4. Pore génital
5. Anus
La femelle se reconnait grâce à son bouclier qui ne couvre qu’une petite partie de son corps, permettant à son abdomen de s’étendre lorsqu’elle se gorge de sang.
Ci-dessus, l’image du mâle identifiable par son bouclier qui couvre entièrement son corps. Il est aussi beaucoup plus petit que la femelle.
Grâce à ses pattes, elle peut se déplacer aisément, utilisant à la fois ses griffes et ses ventouses, tout en s’agrippant à presque tous les types de supports. En outre, elle possède des organes sensoriels nommés organes de Haller, localisés sur ses pattes avant (1.), lui permettant de détecter divers paramètres environnementaux tels que la température, l’humidité, le CO2 et les odeurs, tout en identifiant la présence d’un hôte potentiel. Toutes ces informations sont ensuite transmises au lobe olfactif (2.).
Le mâle meurt après l’accouplement.
La femelle peut pondre entre 1 000 et 5 000 œufs en une seule fois. Selon les espèces, ce nombre peut même être plus élevé. Une fois la ponte réalisée, elle meurt à son tour.
Son cycle de vie en quatre étapes (œufs, larves, nymphes et adultes)
Les œufs vont mettre 4 à 6 semaines pour éclore. Cette petite larve (6 pattes), va très vite faire son premier repas de sang sur des souris, lézard, oiseaux, etc. Une fois repue, elle va tomber et se cacher pour muer.
Elle devient alors nymphe (8 pattes). Ses organes sexuels se sont formés, mais sont encore inactifs. Pendant 1 à 2 semaines, sa peau est molle, ce qui la rend inactive et vulnérable. Ensuite, elle va faire son second repas sur un animal un peu plus grand. Gorgée de sang, elle tombe à nouveau pour préparer sa 2e mue.
À ce stade, elle devient adulte en mâle ou femelle. Une nouvelle phase d’attente pour le durcissement de sa peau doit se faire. Elle va à nouveau se mettre à la recherche d’un hôte plus grand.
L’étape de l’accouplement va pouvoir se dérouler. Le mâle se met à la recherche d’une femelle, tandis que celle-ci se prépare à prendre son dernier repas, qui peut durer de 5 à 20 jours.
Une fois suffisamment gorgée de sang, elle tombe de son hôte. Ce repas gargantuesque lui permet d’attendre que les œufs se forment. Le sperme reçu est précieusement stocké et utilisé au fur et à mesure que les ovocytes soient prêts à être fécondés.
Ensuite, la femelle choisit un emplacement idéal pour y déposer ses œufs. Pour elle, ce sera son ultime effort, car elle meurt après la ponte.
Comment faire pour l’enlever ?
Il y a plein de méthodes qui sont proposées sur internet, mais attention quand même, car certaines peuvent avoir des conséquences dramatiques. Certains produits ont pour effet de faire vomir la tique et ainsi libérer des agents pathogènes avant même d’être hors du corps de son hôte.
Différents instruments sont proposés comme la pince à tiques, le crochet ou une carte à tiques.
Il semblerait que le crochet soit la technique la plus efficace. Si vous utilisez la pince, il faudra la prendre au plus près de la peau pour ne pas écraser le corps, car la tique peut libérer ces substances toxiques. Tourner doucement dans le sens des aiguilles d’une montre et tirer. Certains articles disent de ne pas tourner, mais de tirer d’un coup…
Désinfecter avec de l’eau oxygénée à 3 %, de la Bétadine ou avec la Propolis mais attention, ce dernier peut être allergène sur des peaux sensibles. Tester le produit au préalable.
Surveiller attentivement l’évolution de la morsure dans les jours et les semaines qui suivent
Noter le plus précisément possible :
1. Le jour de la morsure.
2. Le lieu présumé où vous avez été en contact avec la tique.
3. Quand elle a été enlevée et l’endroit.
Si la morsure devient rouge ou que vous avez un doute, téléphonez à votre médecin ou vétérinaire.
Conserver la tique dans un contenant pour des analyses ultérieures si besoin et le temps du contrôle. Ensuite, éliminer la tique dans de l’alcool fort, en la brûlant ou en l’écrasant avec du papier ou avec une pierre.
Que peut-elle transmettre ?
Toutes les tiques ne sont pas porteuses de maladie, mais quand même, restez vigilant. Avant de partir à l’étranger, il est important de se renseigner auprès de votre médecin et vétérinaire afin de connaître les mesures éventuelles à prendre sur place.
Les maladies
En Suisse, les principales maladies infectieuses transmises par les tiques sont :
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La borréliose (maladie de lyme) peut s’attaquer au système nerveux, aux articulations ou à certains organes et gravement les endommager. Elle peut être traitée par antibiotiques. La période d’incubation peut aller jusqu’à des semaines.
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La méningo-encéphalite verno-estivale (MEVE ou FSME) ou encéphalite à tiques (TBE) est un virus auquel aucun traitement n’est possible à ce jour. Seule la vaccination est préconisée. La période d’incubation va de 2 à 28 jours
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La babésiose qui est de plus en plus présente en Suisse et très dangereux pour les chiens. Les symptômes sont notamment la fièvre, la fatigue et des douleurs musculaires. Elle est rare chez l’humain et touche surtout les bovins et les chiens. Les agents pathogènes transmis détruisent les globules rouges, ce qui peut s’avérer fatal pour l’animal. Cette maladie animale présente des points communs avec le paludisme humain, c’est pourquoi on parle parfois de «paludisme canin».
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L’Anaplasmose, la Rickettsiose, la Ehrlichia ou la Tularémie sont plus rares dans notre pays.
Les espèces
Les trois principales espèces de tiques en Europe
- Ixodes ricinus : (la tique du mouton) la plus répandue en Suisse
- Dermacentor reticulatus : Localisée en France et en Europe Centrale, mais aussi répandue en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas, au Danemark et au Royaume-Uni.
- Rhipicephalus sanguineus : Localisée en Europe du sud, mais également présente dans certaines zones du nord de l’Europe.
Prévenir
Portez des vêtements fermés et passez vos chaussettes par-dessus les canons de vos pantalons. Ce n’est pas très sexy, mais efficace.
Utiliser des répulsifs sur les vêtements et la peau (voir ci-dessous)
Après chaque balade, prendre une douche ou alors bien contrôler les zones appréciées par les tiques (derrière les oreilles, cou et nuque, aisselles, nombril et zone environnante, intérieur des cuisses, parties sexuelles, dessous les seins, épaules, naissance des cheveux, creux genoux et coudes) car la peau y est fine.
Porter une attention particulière à la présence de larves et de nymphes de plus petite taille : avec leur couleur brun clair, elles passent souvent inaperçues du fait de leur aspect similaire aux taches de rousseur.
Contrôler son chien après la balade (les zones sont sensiblement les mêmes que pour nous). Vous pouvez utiliser un peigne anti-puce que vous trouverez en magasin pour animaux. Ce sera la même chose pour le chat s’il sort.
Contrôlez aussi vos habits et pourquoi ne pas utiliser un rouleau adhésif pour déloger les larves et nymphes.
Utiliser les traitements préventifs pour les animaux et ne pas hésiter à les compléter en automne et au printemps lorsqu’elles sont particulièrement actives, avec un produit chimique si vous vous trouvez dans une zone particulièrement infestée.
Liens utiles
Ligue suisse des maladies à tiques
Traitement préventif naturel pour chien et chat : Huile contre les tiques
Traitement avant et pendant la balade pour animaux et humain : Spray anti-tiques
Pendant la balade le tickless est un accessoire complémentaire



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